10 choses que j’aurai aimé savoir avant de venir au Québec

10 clichés de Maudits Français sur le Québec - La Maudite Française

Dix choses que j’aurai savoir avant de monter dans l’avion pour Montréal.*

C’est parti pour un pêle-mêle de clichés.

1. La vie à l’étranger c’est comme des vacances.

À mon arrivée, tout était nouveau et chaque tâche devenait une aventure : comprendre le marché de l’immobilier pour trouver un appartement, chercher un emploi et découvrir les codes du travail d’ici, emprunter les transports en commun et être la seule personne qui coupe la file comme une malpolie, conduire en essayant de comprendre une signalisation étrangère, découvrir ma ville d’accueil, acheter un manteau d’hiver (pas un Canada Goose), imaginer la taille de mon steak en onces, calculer un tips, etc. Tout, tout, tout était nouveau. C’était comme être en voyage perpétuellement! Mais évidemment, cet état d’excitation et de nouveauté ne dure pas infiniment, et un jour la vie reprend son cours, et c’est ben correct comme ça comme on dit icitte. Une fois installée, finalement je me suis mise à vouloir me construire un petit chez-moi ici aussi.

Comme une envie de partir en vacances 🍃

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2. L’hiver québécois c’est froid et c’est long.

OK il fait froid, mais rien d’insurmontable non plus. En tout cas pas de quoi s’alarmer à chaque chute drastique du thermostat. Alors évidemment, à mon premier -20°C, j’ai propagé la nouvelle partout, et puis à mon premier -30°C aussi. Imaginez-vous ça des températures aussi basses? Mais en plus, on sort dehors, on profite, et puis ce n’est même pas si froid finalement! Même une Française survit! Hahaha ben oui 🙂

J’ai découvert que comme les Québécois, nous sommes tout aussi capables de nous adapter…nous sommes juste moins habitués. Par contre, il faut bien s’équiper, et profiter des activités extérieures pour vivre l’hiver pleinement. Attachez votre tuque, c’est parti!

Et puis entre nous, entre -20°C et -30C, on sent plus tellement la différence : ça pique à -20°C et à -30°C ça pique toujours, tes poils de nez gèlent dans les deux cas, et t’évites de rester planté 20 minutes à l’arrêt de bus sans bouger. Points bonus si c’est en plein vent. D’ailleurs, le facteur vent prend tout son sens lorsque tu regardes la météo ici. Un gentil petit -10°C peut vite se transformer en petit -20°C ben frette quand le vent s’en mêle.

Et oui, c’est long, mais pas 10 mois par année non plus, faut pas exagérer. En tout cas, pas à Montréal. #cliché
J’avoue cependant que passé la nouveauté du premier hiver, comme les Québécois, j’ai aussi hâte qu’eux au printemps…et à nouveau hâte à l’hiver une fois à l’automne. Bon, on sort plus…

PS Si vous avez choisi d’aller dans le Grand Nord, vous avez tout mon respect. Oubliez tout ce que vous venez de lire.

Panorama avec vue… / panorama with view… ❄️❄️❄️ #snowstorm

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3. C’est facile de trouver du travail pour un Français.

Pas plus qu’en France, désolée de briser votre rêve. En tout cas, c’est mon opinion.

Cependant, faire appel à son réseau professionnel pour trouver un emploi n’est pas mal vu ici (contrairement au fameux « pistonnage » en France), et les profils atypiques sont les bienvenus. Bon, ça n’augure pas si mal finalement ça!

Attention, toutefois, dépendant de votre emploi, les législations ou normes en vigueur, les ordres professionnels, les diplômes requis et le marché commercial (si vous avez un métier impliquant de la vente par exemple) peuvent être différents. Logique vous me direz? Tout à fait. Il faut simplement être prêt à ne pas forcément retrouver tout de suite les mêmes conditions salariales que votre dernier emploi en France, le temps de se faire une nouvelle expérience ici. Et c’est bien normal aussi. Mais ce n’est pas une généralité non plus.

Ah oui! Oubliez vos 5 semaines de congés payés et vos 11 jours de RTT, seule la France propose ces avantages. Ici on commence à 2 semaines, et on négocie nos vacances en même temps que nos avantages contractuels. Toutefois, le rapport à la vie personnelle est plutôt respecté de manière générale, je trouve. La culture du « 80h par semaine » et des « t’as pris ton après-midi? (quand tu pars du travail à 17h) » est moins présente. C’est simplement un équilibre différent.

Évidemment, c’est seulement mon expérience personnelle. Alors ça peut être très différent d’une personne à une autre.

Bureau du jour. Office of the day. #mtlcafecrawl #mtlcoffeecrawl #nospetitscafés

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4. Un visa ce n’est pas un problème à avoir quand tu es Français.

Il existe plusieurs programmes qui facilitent les échanges entre la France et le Canada c’est vrai. Et parler français pour s’établir au Québec c’est définitivement un atout.

Mais le visa, c’est une obligation pour rester, surtout si tu veux travailler (voir point précédent). C’est zéro le fun à faire comme paperasse. Et ça peut parfois être compliqué, long et coûteux. Mais rester c’est un choix de vie, les joies administratives viennent avec : c’est la cerise su’l top, mais la cousine surette de la cerise habituelle. Dites ça à la fille qui a passé 6 ans et demi sur le territoire (légalement!) avant d’ENFIN obtenir sa résidence permanente. #MonPrécieux

Gardez espoir, et patience! J’ai un super consultant en immigration si besoin.

5. Se lier d’amitié avec un Québécois c’est facile.

En même temps (et c’est bien normal), au début nos affinités vont plus facilement avec les gens qui vivent les mêmes choses que nous, donc souvent des immigrés ou expatriés par exemple. Mais passé ce cap, ce n’est pas si facile que ça de varier ses relations et faire de nouvelles connaissances. Du mois, d’après mon expérience personnelle.

Le travail peut être une bonne façon de se lier d’amitié avec des Québécois, mais les gens ont aussi leur vie. Ça devient d’autant plus vrai si vous ou vos collègues avez des enfants : eux, comme vous, ont une réalité familiale qui les attend une fois la journée terminée, alors c’est certain que ça limite un peu plus les 5@7 improvisés à la dernière minute. (5@7, comme dans prendre l’apéro, pas 5@7 comme la p’tite vite avec votre amant avant de rentrer à la maison!)

Si vous avez une passion ou une activité particulière que vous pratiquez en dehors du bureau, c’est définitivement une bonne place pour faire des rencontres. Tout comme les activités de la garderie ou l’école de vos enfants.

Les Québécois sont très accueillants, je ne le dirai jamais assez. Mais ils ne nous ont pas attendus pour avoir des amis, contrairement à nous, nouveaux arrivants, qui recherchons peut-être plus de nouvelles interactions sociales. Et puis construire une relation, c’est un peu plus facile quand on sait que la personne ne repart pas dans quelques mois aussi.

Cela dit, rien n’est impossible, un coup de coeur ça arrive!

6. Montréal c’est une ville bilingue, je vais pouvoir améliorer mon anglais

À moins d’évoluer dans un milieu anglophone ou de travailler en anglais, n’attendez pas de magie. Personnellement, j’ai beaucoup plus amélioré mon anglais en parlant avec ma belle famille, qu’à mon arrivée à Montréal où j’avais peu d’occasions de le pratiquer.

Ce n’est pas obligatoire de parler anglais pour venir au Québec et y travailler, mais ça peut cependant vous être utile selon votre métier.

Vous allez aussi peut-être vous rendre compte qu’en tant que Français nous parlons mieux anglais que nous ne le pensons. À l’école, j’ai l’impression d’avoir beaucoup plus appris à écrire en anglais, qu’à le parler. C’est mon expérience en tout cas. Bon pour l’accent on repassera par contre. Mais rassurez-vous, les Canadiens sont plutôt indulgents vis-à-vis des accents des autres. Pensez-y la prochaine fois avant de dire à un Québécois qu’il a un « drôle » d’accent. Parce que c’est beaucoup moins « drôle » quand c’est toi le « drôle » avec un « drôle » d’accent… 😉

Et ici ce n’est pas snob de parler anglais sans accent français! Oui, oui, ça se peut, en tout cas certains y arrivent…

7. Céline Dion, Justin Bieber et les autres

Non, les Canadiens n’écoutent pas que ça en boucle, mais ça passe des fois à la radio…et au karaoké du coin aussi.

8. Les Français…sont tous des Parisiens

Je ne sais pas pourquoi (ou bien si je suis tombée sur des exceptions), mais quand les Québécois imitent l’accent français c’est souvent l’accent parisien qu’ils prennent. Venant de la province, ça me fait vraiment beaucoup rire. Arrivée à Paris, j’étais la fille avec l’accent de la campagne…maintenant je suis celle avec l’accent parisien. Dans les dents Paris!

9. Avec les nouvelles technologies, c’est simple de garder contact

Le Canada, c’est un autre pays, où le système fonctionne différemment, et c’est là tout l’intérêt d’aller vivre à l’étranger! Je me suis adaptée, et ça m’a ouverte à d’autres façons de penser que celles que nous connaissons en France. C’est super enrichissant et ça permet de mettre nos acquis, nos connaissances, notre culture, nos opinions en perspective, de les challenger…et pourquoi pas de les faire évoluer. Inutile de tout comparer sans cesse, c’est une autre culture et c’est là toute la richesse de prendre le temps de la découvrir et de l’intégrer!

Le revers de la médaille, c’est que j’ai aussi constaté qu’un décalage s’est créé avec ma famille et mes amis français depuis mon départ. Parce qu’on a vécu et découvert de nouvelles choses, et évolué dans des directions différentes, on peut se sentir parfois en décalage avec leur réalité française. Ou eux, nous sentir déconnectés de leur quotidien. Et c’est vrai : nos repères deviennent différents à la longue. Attention aux incompréhensions, aux propos qui peuvent blesser, et aux sujets sensibles. Je mettrai facilement la politique en premier dans cette liste!

Les relations évoluent également. Ma famille et moi avons développé d’autres façons de partager, de rester connectés, et ça ne ressemble en rien à ce que j’ai connu en France. Nous avons trouvé un nouvel équilibre. Internet, Skype et autres, ça aide, mais ça reste une démarche continuelle, justement parce que chacun continue d’évoluer de son côté…et tout ça à distance! De même, les amitiés les plus solides ont perduré et les autres se sont essoufflées. Mais les relations qui restent sont authentiques, et quand nous nous voyons, nous vivons le moment présent à fond, parce que nous avons soudainement beaucoup plus conscience de la valeur des ces relations.

10. Et enfin, ce que je ne savais pas…

…c’est que j’allais y rester!

Y trouver une belle-famille et y fonder ma propre famille.

Et ça, ça a été la plus belle des surprises.

« Du coup », ben j’suis encore là pour un p’tit moment!

En tête à tête avec lui ❤️

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Histoires Expatriées - La Maudite Française

*Cet article participe au rendez-vous #HistoiresExpatriées organisé par le blogue L’occhio di Lucie. Le thème du mois est « Ce que j’aurais voulu savoir avant de partir » et a été proposé par Ophélie du blogue Evil from paradize.


Faites le tour du monde, et découvrez les articles des autres participants au rendez-vous :

En Afrique

  • Angélique, à Kaolack, au Sénégal – FoguEscales

En Amérique

En Europe

De partout dans le monde

Perrine et ses multiples expatriations – Du Nord au Sud et d’Est en Ouest


Et pour revoir mon précédent article en lien avec ce rendez-vous, c’est juste ici :

Le Mile End la nuit

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

21 Replies to “10 choses que j’aurai aimé savoir avant de venir au Québec”

  1. Oh que je me retrouve dans tout ce que tu dis !!!
    Surtout le dernier point 🙂

    1. oh! Toi aussi tu as trouvé ta moitié ici?! 🙂

  2. Yes pour les dix points c’est tout juste ! Et pour l’hiver c’est ni la neige ni le froid le problème mais bien la durée !!!! On est au sixième mois là c’est bien l’hiver le plus long que j’ai fait jusqu’à date !! À quand les barbecues ?? 🙁

    1. C’est la première année où j’ai aussi hâte au printemps! Surtout pour que mon fils puisse à nouveau aller jouer dehors. En hiver c’est possible mais quand il fait trop froid, ni quand c’est tout gelé, trempé ou bouetteux dehors…

  3. En fait ton article c’est un peu le truc parfait à lire avant une expat au Québec quoi !

    1. Ah oui? Alors là je suis flatée! Mais chut on ne va le dire trop fort, c’est bien de leur laisser des surprises aussi 😉

  4. J’ai ADORE . Je ne suis pas expat mais notre fille l’est (a Londres😏). Comme elle a passé 2 ans à Montréal et que nous y avons aussi une amie, j’ai retrouvé tout un vécu raconté avec l’humour de là bas . Merci pour ces souvenirs et ce bon moment .

    1. Ravie que ce billet t’ais fait voyager dans tes souvenirs! 🙂

  5. Dis moi qu’il va finir cet hiver, dis moi qu’il va finir… «Le CPE est fermé ce matin à cause du verglas Madame», «Ah oui? Vous rouvrez à quelle heure?», «Non, je me suis mal exprimée : nous sommes fermés TOUTE la journée, pas la peine de porter les enfants ce matin!»

    1. hahaha c’est tellement ça! Et c’est difficile à raconter (sans rendre ça dramatique) à ceux qui ne vivent pas ici. 😉

  6. Ahah j’ai des amies qui vivent au Canada
    Et à chaque fois je peine à les croire
    Notamment concernant le froid
    Puis un jour tu vas au Canada et tu comprends ta douleur :p

    1. Hahaha c’est clair! Mais en même temps c’est un vrai hiver blanc et c’est vraiment très beau, surtout en campagne et àa la montagne. Le tout c’est d’accepter le froid, de s’équiper et de profiter, sinon ça peut être un peu déprimant peut-être.

  7. L’hiver québécois ça me fait peur … j’ai déjà déprimé tout l’hiver anglais ahaha !
    Ton article m’a fait sourire, j’aime bien toutes tes petites remarques !

    1. C’est pas si pire comme on dit ici! Il suffit de bien s’équiper et surtout de faire des activités. Il faut froid, mais souvent avec un beau ciel bleu et du soleil, alors c’est chouette parce que tu peux vraiment profiter pour faire des choses à l’extérieur. Un peu de soleil hivernal pour éclairer ton hiver anglais l’année prochaine? On ne sait jamais, tu seras peut-être surprise 😉

  8. Merci pour ce beau témoignage. Nous sommes des expat dans l’âme…. L’île de la réunion pour ouvrir le bal, pendant 11 belles années et deux petits réunionnais plus tard😉. Nous nous apprêtons à débarquer au Québec, à Québec dans 3 mois…. Pour une durée indéterminée et bien l’envie de rester pour un long moment si on s’y fait. Rejoignons amis de longue date, famille et d’autres expats aussi. J’espère trouver l’équilibre et montrer à mon conjoint et nos enfants que réellement nous faisons le bon choix. Au plaisir de se rencontrer un jour pour un petit verre en Happy Hour 😊.

    1. Avec grand plaisir pour un verre! En famille ce serait super 🙂 N’hésite pas à m’écrire quand vous arriverez. D’ici là, je vous souhaite bon courage pour les préparatifs et une belle arrivée en terres québécoises.

  9. J’adore ton article 🙂
    On est arrivé à Montréal en octobre 2016 avec mon chum, je ne peux que valider (surtout au niveau des relations avec nos proches et notre famille en France, mais aussi concernant les amitiés avec les québécois !!)
    Sauf pour le travail, je trouve qu’une fois que tu as ton visa, c’est plus facile (et rapide) de trouver comparé à la France 🙂 mais après c’est vrai que tout dépend des expériences !

    En tout cas c’est génial que tu ais réussi à construire ta famille ici 🙂

    1. Merci Laurane! 🙂 C’est fou comme c’est différend d’une personne à une autre. De mon côté, je n’ai pas trouvé que c’était plus facile qu’en France de trouver un emploi, mais je n’ai pas non plus eu une mauvaise expérience ou de difficultés particulières. J’ai par contre des amis autour de moi, dans d’autres secteurs d’activités, qui ont eu un tout autre parcours, parfois vraiment plus compliqué que le mien.

  10. […] ou immigré. Drôle de timing que de tomber sur son article juste quand je venais de publier les choses que je ne savais pas avant d’arriver au Québec. Inutile de vous dire que son article m’a vraiment parlé. […]

  11. Eh beh moi je ne suit pas encore partie et je saurais donc tout ce que tu as dit dans ton article, et merci pour ce partage ! :p

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