Coups de cœur : 5 artistes québécoises à découvrir

La maudite française Artistes québécoises

8 Mars – Journée des droits des femmes

Qu’est-ce qui fait qu’on marque son époque? Qu’on laisse un leg notable aux générations suivantes? Qu’est-ce qui fait qu’on mérite d’être mentionnée dans un top le jour où l’on célèbre les droits des femmes? Qui sont-elles ses femmes qui nous ont défendues et qui ont fait évoluer notre société?

J’avais initialement prévu de faire un billet sur les femmes qui se sont battus pour nos droits. Par respect pour les batailles qu’elles ont menées, je ne me sentais cependant pas assez en maitrise du sujet pour vous présenter un contenu à la hauteur du travail qu’elles ont accompli.


Dans tous les domaines, nous avons dû gagner la reconnaissance de nos pairs et obtenir une équité de droits. Et ce n’est pas fini, il reste définitivement encore des progrès à faire. Cela prendrait donc plus qu’un simple billet pour saluer tout le travail accompli et aborder toutes les barrières qui sont encore à abattre!

En art, comme ailleurs, les femmes ont dû faire leur place, et doivent encore se battre face aux préjugés pour démontrer leur talent. Si aujourd’hui les actrices peuvent publier sous leur vrai nom, cela n’a pas toujours été le cas. Ce n’est certainement pas pour rien qu’Aurore Dupin (alias George Sand) écrivait sous un nom d’emprunt masculin : évoluant dans le milieu aristocratique, elle ne souhaitait pas faire ombrage au nom de son mari par les oeuvres qu’elle publiait. Ce pseudonyme lui a alors donné à l’époque la liberté d’écrire les histoires et de véhiculer les idées qu’elle souhaitait.

Aujourd’hui, les femmes sont encore récompensées dans des catégories « féminines » dans de nombreux galas ou remise de prix. Pourquoi? Est-ce qu’elle ne mériterait pas de gagner même en étant dans les mêmes catégories que les hommes?


Alors aujourd’hui, je vous partage une sélection toute personnelle, et 100% québécoise. Rien de scientifique, d’historique ou de validé par de grandes instances. Pas de compétition. Uniquement des femmes qui m’ont touchées par leur art, depuis mon arrivée au Québec, et qui se sont élevées dans leurs domaines respectifs.

MUSIQUE – Klô Pelgag

Klô Pelgag, de son vrai nom Chloé Pelletier-Gagnon est une artiste complète : auteure-compositrice, musicienne et interprète. Je l’ai découverte avec la chanson La fièvre des fleurs sur l’album L’Alchimie des monstres.

Album qui lui vaudra en 2014, le Félix de la révélation de l’année, décerné par l’ADISQ (Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo). Elle en a depuis reçu 4 autres en 2017, entre autres récompenses.

Son univers visuel et musical est totalement unique et inclassable, c’est un peu la Björk québécoise. J’ai même offert l’album à ma maman pour lui faire découvrir cette artiste accomplie.

Vous pouvez découvrir son univers déjanté ici.

En 2018, elle s’est vue nommée Interprète féminine de l’année par l’ADSIQ , la mettant du même coup au milieu d’une polémique. Certains ayant reproché ce choix en mettant de l’avant qu’on l’avait beaucoup moins vue dans les salles et dans les médias que d’autres artistes féminines.

À l’heure où il faut encore plus faire sa place dans le milieu lorsqu’on est une femme, voici la réponse qu’elle a donné à ses détracteurs :

«Nous sommes des femmes dans un milieu d’hommes. Peu importe nos différences, nos rêves et nos aspirations, soyons solidaires les unes avec les autres et ne donnons pas raison à cette légende qui voudrait que l’on incarne cette compétition qui nous dessert tellement.»

Klô Pelgag

LITTÉRATURE – Anaïs Barbeau Lavalette

Réalisatrice, scénariste et romancière québécoise. C’est à travers son roman La femme qui fuit que je l’ai découverte. C’est mon coup de coeur lecture de l’année passée, et de loin.

Ce n’est d’ailleurs pas exactement un roman puisqu’elle part à la recherche de ses origines à travers le parcours de sa mère et de sa grand-mère. On y découvre toutes les nuances fragiles qui composent les relations mères-filles et de l’héritage émotionnel qui découle de cette filiation. Ainsi que les luttes intestines que l’on peut vivre lorsqu’on cherche à se définir autant en tant que femme, mère et artiste en même temps.

C’est une oeuvre puissante et la plume de l’auteure est à la fois toute en finesse et en simplicité. Mais surtout, ça prend réellement du talent d’être capable de se mettre à nu ainsi et de dévoiler ses faiblesses.

ARTS VISUELS – PONY

Je l’ai découverte à l’époque où je travaillais pour le magazine URBANIA et où elle illustrait pour le magazine.

Depuis son style a fait du chemin et c’est aujourd’hui une artiste visuelle reconnue au Québec et à l’international.

Elle pourrait facilement se faire attaquer de vulgarité, encore plus en tant que femme. Au contraire, elle déjoue cela avec brio. J’aime particulièrement ses détournements de la culture pop, et sa façon bien à elle d’allier une illustration très pop, colorée à des propos humoristiques ou provocants.

Un artiste assumée, mais aussi très humaine et honnête dans son cheminement artistique. Elle documente d’ailleurs souvent son processus créatif dans ses stories Instagram, en plus d’être touchante et drôle à suivre!

MODE – Marie-Ève Emond (Betina Lou)

En mode, comme ailleurs, les designers les plus célébrés ont souvent été des hommes.

Les modèles Betina Lou sont simples, élégants et intemporels. Et ça prend bien du talent pour se démarquer quand on choisi la simplicité.

Collection Hiver 2013 – ⓒ Betina Lou
La robe a un beau décolleté en V dans le dos!

Sur la photo ci-dessus, une robe que j’ai acheté il y a quelques années (et que j’adore toujours autant!). C’est la première fois que j’ai craqué pour un modèle de designer et aussi la première fois que je me suis autorisée à acheter une création. Mais cette robe je l’ai vu tout au fond de la salle dès le moment où je suis entrée. Tant qu’à avoir l’indémodable petite robe noire dans ma garde-robe, autant qu’elle soit de qualité!

Vous pouvez découvrir sa dernière collection juste ici.

CINÉMA – Mylène MacKay

Elle m’est (re)tombée tout récemment dans l’oeil, avec le film Nelly, drame autobiographique sur l’écrivaine québécoise Nelly Arcan, mis à l’écran en 2016.

Elle porte littéralement le film sur ses épaules, en y jouant les 3 facettes de l’auteure torturée : celle de sa vie « normale » mais droguée, sous son vrai nom, Isabelle Fortier ; les activités de son alter-ego, Cynthia, son pseudonyme de prostituée ; et sa façade de « jeune » auteure, sous son nom d’emprunt, Nelly Arcan. Magistral.

Ça en prend du talent pour porter 3 rôles de femmes aussi complexes. On aurait pu s’attendre à ce qu’une actrice de longue carrière, ou avec une certaine expérience de vie, relève le défi. Imaginez encore plus la prouesse quand l’actrice en question est une jeune femme dans la vingtaine.

Le rôle lui vaudra le Prix Iris de la meilleure actrice cette année-là, la positionnant ainsi de fait comme la « relève de la garde » des acteurs et des actrices québécoises. Et c’est plus que mérité.


Crédit couverture : Instagram @klopelgag / Anaïs Barbeau-Lavalette par André Turpin / Instagram @ponymtl / Instagram @marie_eve_e / Instagram @mylenemacaille

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2 Replies to “Coups de cœur : 5 artistes québécoises à découvrir”

  1. C’est vraiment une belle idée de mettre en avant des femmes artistes en ce jour si particulier ! Tu m’as fait découvrir leurs univers et j’y ai fait de jolies découvertes ! Le livre «La femme qui fuit» d’Anaïs Barbeau Lavalette me tente beaucoup d’ailleurs 🙂
    Encore merci pour cet article !
    Bisous

    1. Tu me diras ce que tu en penses si tu lis la Femme qui fuit! 😉 Bonne lecture, et merci pour ton petit mot chaleureux!

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