Acheter une maison : succomber à une convention sociale?

La Maudite Française - Quelles sont les bonnes raisons d'acheter une maison

Samedi matin, 9 heures.

Le café coule, le journal est ouvert sur ma tablette. Deux minutes de tranquilité devant moi, je clique sur l’édition du jour de LaPresse+. Je défile les pages, et je tombe sur cet article : « Le monde est malheureux« , de Patrick Lagacé.

Pas très engageant à première vue, mais ça m’intrigue. Pourquoi le monde serait-il malheureux?

La pression sociale, ce mal du siècle

Le monde serait malheureux par trop de pression. Trop de pression de bien paraitre, et de constater qu’il faut toujours améliorer notre vie pour rivaliser avec celle du voisin. Trop de pression sociale, d’avoir voulu acquérir ce statut tant convoité : famille, maison, et job « parfait » (ce fameux travail bien payé, avec des avantages, si possible glamour, et qui en plus vous passionne). Pour finalement constater qu’une fois cet objectif de vie atteint, tout cela ne les rend pas plus heureux.

Ça m’a vraiment heurté. Avec une petite famille, de l’avancement professionnel dans les dernières années, et tout récemment un achat de maison, aurais-je moi aussi reproduit ce trio fatidique?

Acheter une maison : une convention sociale?

Et puis je me suis questionnée : pour quelles raisons je l’ai acheté cette nouvelle maison?

Parce qu’on était rendus là. Ce sont ces mots exacts que j’ai utilisé quand je vous en ai parlé ici même sur le blogue. Mais « être rendu là », est-ce que c’est succomber à la pression sociale, ou est-ce vraiment une volonté personnelle?

Autant je suis très (trop) consciente du regard des autres et je sais que je me laisse parfois (trop souvent?) atteindre par les jugements exterieurs ; autant je ne suis vraiment pas un bon exemple du cheminement de vie « classique ». Mais alors, cette maison pourquoi je l’ai acheté : pour démontrer au monde que justement même dans le désordre je suis arrivée à la même réussite qu’eux? Pour remplir mon compte Instagram de beau issu de ma vie personnelle? Pour faire comme tout le monde finalement, alors?

Non.

La maison de rêve

Non, je n’ai pas de piscine dans mon jardin même si je vis en banlieue, et il n’y en aura très probablement jamais. Non ma maison n’est pas immense. Et oui j’ai un peu de vis-à-vis et un voisin par un mur mitoyen. Non ce n’est pas la maison de rêve qu’on voit sur papier glacé. Mais on aurait pu l’avoir cette maison là, cette maison de « rêve » (le rêve de qui d’ailleurs?)…en se saignant à blanc avec une hypothèque plus grosse! À la place on a préféré conserver un mode de vie qui nous ressemble, sans couper dans d’autres projets.

Chez nous.

Notre maison avait pourtant besoin de beaucoup de travaux. Et même si c’est justement ce qui nous avait rebuté sur d’autres biens, elle nous appelait. Je m’y voyais vivre. Je m’y projettai même avec cette peinture marron et vert kaki aux murs, avec cette salle de bain trop petite et complètement défraichie, avec cette cuisine bricolée au fil des années : avec tous ces défauts. Je trouvais que cette maison avait l’âme d’un foyer. Je trouvais ça fou qu’elle ait presque 100 ans, et qu’elle soit encore là, toujours ancrée aussi solidement dans le sol. Comme une vieille âme qui allait veiller sur nous et dont on allait prendre soin comme on le ferait avec un proche. Des racines, c’est ça que j’y ai vu.

Des racines, dans mon pays d’adoption. Je crois que c’est ça que je cherchais finalement quand on a démarré de ce projet d’acheter une maison.


Et vous, qu’est-ce qui vous a décidé à acheter (ou à ne pas acheter d’ailleurs!) ?


P.S. : la maison en photo de couverture n’est pas la mienne, mais est ici à titre illustratif uniquement. À l’heure où j’écris ces lignes, il y a un gros camion de renovation devant la mienne!


Pour en lire plus sur ce sujet :

Bye Bye Montréal!

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6 Replies to “Acheter une maison : succomber à une convention sociale?”

  1. Intéressants, ce billet de la Presse et ton article. Je pense parfois que j’aimerais acheter une maison comme j’aimerais jeter l’ancre, pour savoir où est mon port. C’est un repaire, c’est sécurisant… mais dans mon cas c’est encore une perspective très lointaine. Et si autour de moi les autres ont une vie plus « normale », je crois que vraiment, je m’en moque, j’ai accepté l’idée de la différence puisque c’est le corolaire d’une liberté de choix, et surtout, d’un grand luxe que d’avoir pu faire ces choix.

    1. Dans tous les cas, je crois qu’on ne devrait pas acheter (ou ne pas acheter) par pression sociale, pour ressembler aux autres, pour faire être dans la norme, mais bien parce que c’est le choix qui nous convient. Comme tu le dis, après 7 ans passés ici, je crois que j’avais simplement besoin de jeter l’ancre, de me sentir un peu plus installée. Et c’est définitivement un luxe! 🙂

  2. Pour faire le lien avec le billet de Patrick Lagacé, toi, tu ne fais pas partie des gens dont il parlait dans son article. Acheter une maison n’est pas le problème. Tu sembles l’avoir fait pour les bonnes raisons. Un beau projet!. Ceci dit, Lagacé a raison lorsqu’il dit que le monde est malheureux. La société de consommation nous tue tous à petit feu. Les liens sont sociaux sont effrités… Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier, mais globalement, je pense que c’est assez généralisé. Les gens s’endettent, se chicanent et se séparent pour de l’argent et du paraître. Un rêve américain qui s’est finalement propagé mondialement et qui est en train de tuer la planète également. Le problème, ce n’est pas la maison, c’est le modèle de maison unifamiliale qui renforce les valeurs individualistes et le syndrome du pas dans ma cour…

    1. Très juste! Je trouve la réflexion qu’amène Patrick Lagacé très pertinente. Il fait le constat d’une situation assez symptomatique de notre époque je trouve, dans laquelle les réseaux sociaux ont surement une parte de responsabilité aussi.
      C’est ce qui m’a vraiment questionné, et ça a été le déclencheur de cette prise de recul, une fois la tempête des derniers mois passée. On se cachera pas que c’est une pression financière une hypothèque… C’est justement ce qui nous a fait réviser notre projet et envisager d’autres choses. Au final, ça a été un an et demi de questionnements et de recherches avant d’en arriver à cet achat. Et la finalité est pas mal différente du projet initial, en bonne partie parce qu’on voulait moins s’endetter. Au passage, je trouve ça fou le système d’emprunt en Amérique du Nord, on aurait pu acheter pour bien plus cher si on avait écouté la banque (et notre agente)!

  3. J’ai toujours voulu une île déserte. Faute d’argent, je me suis rabattue sur un petit duplex. Petit, vieux, pas cher… parfait en attendant mon île!

    1. J’ai hâte de visiter ton île Tiz! Elle sera surement paisble, pleine de belles réflexions humanistes et de douceur, comme toi 🙂

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