Aborder le #MeToo avec ses proches quand on vit à distance – Un an après

#MeToo - La Maudite Française

Les réseaux sociaux ont bien des torts, mais je dois avouer que la fonction « Souvenirs » de Facebook me joue souvent des surprises. Parfois ce sont de beaux souvenirs, et certains jours d’autres plus douloureux.

Il y a an, je publiais ce message :

Un an plus tard

Un an plus tard, relire ma publication me rend encore aussi émotive. Je salue à nouveau le courage de toutes celles (et tous ceux) qui ont sauté le pas pour se joindre au mouvement.

Est-ce que cela a été utile? Vu le nombre de procès et d’actions encore en cours, le mouvement a définitivement créé une série de réactions en chaine sans précédent. Et c’est tant mieux. La course n’est pas terminée, mais elle est belle et bien lancée, enfin.

Dans une ère où l’on se bat contre les fake news et où les algorythmes sont rois, les réseaux sociaux auront prouvé qu’ils sont capables d’être une chambre d’échos efficace, et auront contibué à un mouvement humain des plus marquants.

Partager la douleur à distance

Lorsqu’on vit à distance de ses proches, ce n’est pas toujours évidemment d’aborder des sujets de fond ou de se lancer dans des conversations à coeurs ouverts. Les technologies actuelles ont beau faciliter la communication, ce ne sont pas des choses faciles à aborder au téléphone entre deux réunions, ou pendant un Skype en famille. Évidemment il y a des moyens, alors peut-être est-ce seulement moi, mais je trouve toujours cela un peu délicat. Ce sont des conversations que je préfère adresser en personne.

#metoo distance - Communication à distance - La Maudite Française
Crédit : Photo by Alexandre Croussette on Unsplash

Lorsque j’ai publié mon message, mes premières pensées ont été pour mes proches en France. Comment allaient-ils recevoir la nouvelle de ma publication? Je redoutais de raviver des souvenirs difficiles pour eux aussi. Et découvrir mon message via les réseaux sociaux ne me semblait pas la meilleure façon qui soit de réouvrir ces vieux dossiers. Le décalage horaire ne m’avait pas permis de les appeler au préalable, et après avoir rassemblé mon courage à deux mains pour écrire ce message, je trouvais tout aussi difficile d’attendre de le publier et de prendre le risque de changer d’avis.

J’ai posté mon message. Et mes proches ont eu la plus belle réaction qui soit : du soutien, des mots rassurants, et beaucoup d’amour. Je n’en doutais absolument pas, et cela a été un grand soulagement de le constater encore une fois dans un moment aussi éprouvant.

Mais ce que je n’avais pas réalisé, c’est que je pouvais moi aussi poursuivre le mouvement en incitant d’aures personnes de mon entourage à se déclarer. Quelle responsabilité.

Et quel choc, de découvrir à mon tour que je n’avais pas été la seule parmi mes proches à avoir vécu des événements de cet ordre. Recevoir de telles révélations en étant loin a été une vraie claque. Pour autant, je ne regrette rien, et je n’en veux surtout pas à ma famille. Au contraire, cela m’a démontré, que même à distance nous sommes capables de traverser des tempêtes, et que nos liens sont bien plus forts que les kilomètres qui nous séparent.

Je n’avais pas non plus envisagé que de rejoindre un mouvement comme #metoo lorsqu’on habite dans une métropole cosmopolite et ouverte sur le monde comme Montréal n’impliquait pas les mêmes conséquences que lorsque l’on vit dans une petite communauté où tout le monde se connait. Comme c’était le cas pour certains de mes proches en France.

Poursuivre la réflexion collective

Un an plus tard, je continue de croire que cet élan n’a pas été vain. Mais qu’il reste aussi encore bien du chemin à parcourir pour faire évoluer les mentalités. Si le sujet vous intéresse, le New York Times a sorti toute une série d’articles sur le sujet (en anglais). La rubrique a depuis changé de nom pour élargir sa réflexion sur l’égalité des sexes et la notion de genres en général.

#metoo distance - Gender Letter - New York Times - La Maudite Française
Capture d’écran : Gender Letter – New York Times

Food for thoughts.

To be continued…


Crédit couverture : Photo by Mihai Surdu on Unsplash

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12 Replies to “Aborder le #MeToo avec ses proches quand on vit à distance – Un an après”

  1. Bravo pour ton témoignage et pour ta sincérité. Nous même vivant loin de nos familles on comprend la difficulté supplémentaire qu’ajoute la distance à des sujets des fois compliqués. Mais comme tu le dis, l’amour et le soutien de nos proches n’a que faire des kilomètres. Encore une fois bravo pour avoir osé, et espérons qu’un jour ce genre de mouvement n’ai plus besoin d’exister, en attendant il faut encourager la parole par l’exemple comme tu l’as fait.

    1. Merci beaucoup pour ces doux mots pleins de compréhension et pour ton soutien.

  2. C’est magnifique, quand je lis ton texte ça me touche et ça fait écho, moi je n’ai pas fait partie de celles qui ont osés mais voir tout ce mouvement ca été presque salvateur. Je n’étais pas la seule et je devais arrêter d’avoir autant honte de moi-même. Merci de faire partie de ces gens inspirants <3

    1. Bonjour Florence,
      Ne te sens pas coupable. Tu n’es pas fautive! Les fautifs se sont les agresseurs et ceux qui ne reconnaissent pas ces agressoins! Je ne me sens pas du tout inspirante, mais ton commentaire me touche beaucoup. J’espère sincèrement que nous n’aurons plus besoin de nous exposer ainsi pour faire bouger les choses…

  3. Joli témoignage !
    Perso, je soutiens les copines (et les copains aussi !) ayant été victimes du #MeToo, mais je ne l’ai pas signalé sur mon propre RS, parce que je ne veux pas étaler ma vie sur la place publique. En général je laisse un commentaire sur les MeToo des copines mais sans rien marquer sur mon propre mur en fait 😉

    1. Même chose ici, je dévoile rarement des choses si intimes. J’ai choisi de participer mais sans raconter mon histoire non plus. Dans tous les cas, on ne devrait même pas avoir besoin d’exposer ce genre de choses, j’espère réellement qu’on n’aura plus jamais à se rendre jusque là encore une fois…

  4. Bravo à ton entourage pour leur réaction.

    L’année dernière j’ai posté un #MeToo sur mon mur FB… Sans plus de détails, juste le hashtag. J’ai eu des likes et des smileys tristes, mais hormis ça, silence. Personne ne m’a posé de questions, ne m’a demandé ce qui c’était passé. Personne ne m’a même demandé comment j’allais.

    Je n’ai malheureusement pas été surprise par cette absence de réaction. Quand j’étais au collège, j’ai subi pendant 4 ans le harcèlement scolaire et personne n’a jamais levé le petit doigt pour m’aider. Je n’ai commencé à en parler qu’il y a seulement 3 ans mais les rares fois où j’ai abordé le sujet, j’ai eu droit à des phrases du style « oh c’était des trucs de gamins » ou  » c’est loin maintenant, à quoi ça sert d’en parler ? ». Je suis donc habituée au silence qui entoure les sujets tabous. Et le #MeToo… à part celles (et ceux) qui en ont été victimes, il est clair pour moi que personne n’a envie d’en parler.

    Les choses ont bougé depuis l’année dernière mais purée que le chemin va être long !

    1. Oh mon dieu, je ne peux pas croire que tu ais reçu si peu de soutien après eu le courage de dénoncer ta situation. Peu importe que tu ais raconté ou non les faits. Ça démontre à quel point il reste du chemin à parcourir pour faire évoluer les mentalités! J’espère qu’un jour ton entourage comprendra la force de ton geste et que tu recevras le soutien et la compréhension que tu mérites. Sincèrement,

  5. Je comprends tellement de dire les choses en face et non à travers un téléphone ou autre… En tout cas, tu peux être fière de toi, de ce courage. Il faut dire certaines choses et là, cela en fait partie.

    1. Merci beaucoup pour ton soutien. Même des mois après, cette publication me remue encore…

  6. Je n’ ai qu un mot : merci.
    Bravo pour l article

    1. Merci à toi pour ces encouragements! 🙂

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