Musée Stewart – Balade dans les boutiques parisiennes du 18e siècle

Musée Stewart - Paris en vitrine – Les boutiques au 18e siècle

Mardi 24 avril 2018. INVITATION MÉDIAS

Musée Stewart - exposition Paris en vitrine - les boutiques du 18e siècle
© Musée Stewart

Le Musée Stewart lance sa toute dernière exposition « Paris en vitrine – Les boutiques au 18e siècle », en collaboration avec TV5 : une balade dans les rues du centre de Paris à travers les boutiques de l’époque. Au total, ce sont près de 400 artefacts français, dont 80 livres rares, tous issus de la collection privée du musée, qui y sont présentés.

 

En cette première journée de printemps tant attendue, ce fut vraiment un plaisir de m’échapper du bureau sur l’heure du lunch, le temps d’une petite escapade à l’île Sainte-Hélène. En quelques minutes seulement, je me suis retrouvée, en pleine nature devant ce musée niché au coeur d’un ancien arsenal britannique du 19è siècle.

Récit d’un voyage inédit dans le monde du commerce et du luxe de la Ville Lumière au 18e siècle.

Une balade dans le centre de Paris

La scénographique, au design élégant et moderne, nous emmène d’une vue macro à l’entrée de l’exposition, avec le Plan de Paris,  assemblé à la grandeur du plancher sous nos pieds ; à une version miniature de Notre-Dame dans une boule à neige, en toute fin d’exposition.

La capitale du Royaume de France compte alors 20 quartiers, tels que déclarés par le Roi en 1702, et est habitée par près de 800 000 âmes. Ces quartiers n’ont rien à voir avec les 20 arrondissements actuels, et ne sont d’ailleurs pas positionnés dans le même ordre.

Paris, Johann Jakob Stelzer, engraving, Germany, about 1750 © Stewart Museum
Paris, Johann Jakob Stelzer, gravure, Allemagne, vers 1750 © Musée Stewart

Pour vous donner une idée : à l’Ouest, la ville s’arrête un peu après au Jardin des Tuileries, l’Arc de Triomphe n’existait pas, et il serait en pleine campagne ; tandis qu’à l’Est, on s’arrête un peu après la Bastille, le cimetière du Père-Lachaise n’existe pas non plus et serait lui aussi en pleine campagne. Au sud, la limite se situe un peu en dessous de l’Université et bien avant la Tour Eiffel (dont la construction n’a débuté qu’en 1887) ; et au Nord, la ville s’arrête un peu avant Montmartre. On est loin de l’envergure du Paris actuel!

Début de l'exposition Paris en vitrine - Les boutiques du 18e siècle - Musée Stewart
En face : le début du parcours de l’exposition .
Au sol : Plan de Paris, commandé par le Sieur Turgot, relié sous forme d’Atlas de luxe
© Musée Stewart

Petite anecdote : sur le plan au sol, la ville semble entièrement construite, mais ne vous y trompez point, ces cartes ont bien été enjolivées. Comme quoi ça vaut la peine de prendre le guide disponible à l’entrée, pour ne pas repartir avec une mauvaise idée 😉 La visite est assez courte si vous passez à côté des histoires incroyables qui se cachent derrière chaque objet. Le livret regorge justement d’une foule d’informations pour vous les faire découvrir. J’aurai facilement pu passer tout l’après-midi dans le musée pour découvrir toutes les anecdotes sur chacun d’entre eux!

Le parcours présente trois quartiers commerçants de l’époque : l’île de la Cité, la Ville (quartier de l’Hôtel de Ville actuel, ainsi que la Rue Saint-Honoré et le Palais du Louvre) et l‘Université (les Gobelins). On déambule ainsi de boutique en boutique, comme si on se baladait réellement dans le Paris de l’époque. En passant à l’étage supérieur du musée, on traverse même le pont Notre-Dame.

Plan de Paris - Paris en vitrine - Les boutiques du 18e siècle - © Musée Stewart
Plan de Paris – Paris en vitrine – Les boutiques du 18e siècle – © Musée Stewart

Chaque section de l’exposition débute par un texte qui nous met dans l’ambiance de l’époque, écrit dans le style des guides touristiques disponibles au 18e et utilisant même des expressions en vieux Français. La première vitrine de chaque rue présente toujours un visuel ou une gravure qui nous met en contexte, ainsi qu’un des livres rares en lien avec les boutiques ou la rue que nous nous apprêtons à visiter. Suivez le guide!

Les magasins du Louvre, dessin, 18e siècle © Musée Stewart
Les magasins du Louvre, dessin, 18e siècle © Musée Stewart

La première section nous plonge dans l’ambiance des vitrines et boutiques d’époque, symbolisées par de petites maisons en bois abritant les vitrines, et un long couloir reproduisant le Quay de l’Horloge. C’est seulement en déambulant dans ce couloir, que les façades en noir et blanc nous révèlent les secrets de leurs boutiques.

Quay de l'Horloge - Paris en vitrine - Les boutiques du 18e siècle - © Musée Stewart
Quay de l’Horloge – Paris en vitrine – Les boutiques du 18e siècle – Musée Stewart
Au fond, en ligne de mire : une reproduction de Notre-Dame
© Musée Stewart

Chaque rue nous présente des boutiques différentes, car chaque quartier commerçant avait sa spécialité, souvent par corps de métiers. La ville compte alors 30 000 maîtres, regroupés en 127 corporations différentes. Et le chemin est long, coûteux et très réglementé avant de devenir maître. La formation et le passage du brevet sont payants. S’en suivront ensuite plusieurs années d’apprentissage selon le métier choisi et le paiement des droits pour devenir maître, pour finalement pouvoir ouvrir une seule et unique boutique et  s’offrir à son tour les services d’un seul apprenti.

gravures de corps de métier © Musée Stewart
À gauche : Habit de tapissier, Nicolas de L’Armessin, gravure, France, 18e siècle © Musée Stewart
Au milieu : Habit d’Artificié, Nicolas de L’Armessin, gravure, France, 18e siècle © Musée Stewart
À droite : Habit de Marchand Miroitier Lunettier, Nicolas de L’Armessin, gravure, vers 1690 © Musée Stewart

Des boutiques aux allures de cavernes d’Ali Baba

Globes terrestre et céleste,Didier Robert de Vaugondy,France, 1751 et 1773 © Musée Stewart
Globes terrestre et céleste,Didier Robert de Vaugondy, France, 1751 et 1773 © Musée Stewart

Au Quay de l’Horloge, vous trouverez les opticiens et les fabricateurs d’instruments de Mathématiques, de globes et de sphères.

Vers le Pont-Neuf et le pont Notre-Dame, ce seront plutôt les merciers. Mais progressivement ces riches marchands étendent leurs activités à la draperie, l’épicerie, la pelleterie, la bonneterie et l’orfèvrerie.

Vous finirez par l’Université dont le quartier regorge, entre autres, de libraires.

Quay de la Monnoye et Rue Saint Honoré - Boutique Au Chagrin de Turquie © Musée Stewart
Quay de la Monnoye et Rue Saint Honoré – Boutique Au Chagrin de Turquie © Musée Stewart

Mais non sans passer par la Ville, qui offre aux voyageurs de qualité la possibilité de profiter des caffés et des boutiques luxueuses du quartier. C’est notamment ici qu’on y trouve l‘une des boutiques préférées du Roi et de sa favorite la Marquise de Pompadour : Au Chagrin de Turquie.

Vitrine Marquise de Pompadour © Musée Stewart
Vitrine Marquise de Pompadour © Musée Stewart
Tasse et soucoupe, porcelaine de Vincennes, France, 18e siècle © Musée Stewart
Tasse et soucoupe, porcelaine de Vincennes, France, 18e siècle © Musée Stewart

Les goûts de Madame de Pompadour sont raffinés et c’est également une fervente amatrice de porcelaine. Les maîtres en la matière sont à l’époque les Allemands qui produisent la porcelaine dite « dure », plus résistante à la chaleur et aux chocs ; tandis que les Français produisent de la porcelaine tendre. Bien que cette dernière soit de très grande qualité, la Marquise souhaite développer l’expertise française et concurrencer ses voisins allemands. En 1756, elle fera donc transférer, avec l’accord du Roi, toute la manufacture Les messieurs de Vincennes au village de Sèvres, dans le Domaine de la Guyarde, une de ses propriétés, afin d’en superviser le travail. La fabrique deviendra alors la Manufacture Royale de Porcelaine, dite porcelaine de France. On y retrouve alors de nombreuses pièces peintes à la main, dont plusieurs avec le fameux rose de Pompadour.

Tous ces objets forment une collection à la fois très éclectique et très cohérente, et ont été chinés un à un par un couple amoureux du Paris d’antan, M. et Mme Stewart.

Rien au monde n’est plus digne que la vue et les connaissances des rares beautés de Paris.
– Georges Louis Le Rouge. Les Curiositez de Paris, 1742

L’exposition est le fruit de 3 années de recherche, dont la dernière à temps plein, me raconte Sylvie Dauphin, la commissaire de l’exposition. Un travail colossal pour retracer l’histoire de chaque objet et le mettre en scène de la manière la plus véridique et cohérente possible.

Le Projet Bretez

L’exposition présente également une vidéo réalisée par la musicologue Mylène Pardoen, qui reconstitue l’ambiance sonore du quartier du Grand Châtelet à Paris, au XVIIIe siècle.  Ce quartier concentre 80 % des ambiances sonores du Paris de l’époque, à travers les activités qu’on y trouve ou par la diversité des acoustiques possibles.*

Paris, dans une boule à neige

L’exposition se termine face à une imposante tapisserie des Gobelins. Ici, vous pourrez finir votre visite avec l’expérience en réalité virtuelle “Il neige à Paris”,développée par le studio BLVD. Il s’agit d’un récit poétique au cœur du Paris historique, sur le principe d’un immense livre où les décors sont reconstitués en popup art. À ne pas manquer!

Expérience Réalité virtuelle Il neige à Paris © Musée Stewart
Expérience Réalité virtuelle Il neige à Paris © Musée Stewart

Je tiens à remercier toute l’équipe du musée pour leur accueil chaleureux, ainsi que Mme Sylvie Dauphin, Conservateur en chef, Collections, et commissaire de l’exposition pour la visite.


Icône adresse - La Maudite Française

Exposition « Paris en vitrine – Les boutiques du 18e siècle »
Musée Stewart
Du 25 avril 2018 au 24 mars 2019
Toutes les informations sont disponibles sur le site web du Musée.


Crédits :

*Source : Journal du CNRS

Musée Stewart – Balade dans les boutiques parisiennes du 18e siècle - La Maudite Française
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10 Replies to “Musée Stewart – Balade dans les boutiques parisiennes du 18e siècle”

  1. Chouette exposition, j’aime bien l’idée de retracer l’histoire d’une ville à travers ses boutiques et commerces, c’est une grille de lecture intéressante 🙂

    1. Vraiment une belle idée oui! Et le musée a apporté un soucis particulier à la scénographie, le parcours est super. Ça vaut vraiment le coup d’oeil!

  2. Ça a l’air super intéressant ! Bel article 🙂

  3. alors là je suis impressionnée par la mise en scène originale du musée !
    Paris recèle de trésors. Une vie ne suffirait pas à tous les découvrir !

    1. C’est la beauté de Paris : une capitale sans cesse renouvelée et qui regorge de plaisirs à toutes les époques! 😉

  4. C’est effectivement une très belle expo ! bravo

    1. Je l’ai vraiment beaucoup aimé. Y es-tu allée toi aussi?

  5. Une expo à découvrir. Dommage que je ne suis pas sur Paris. Je vais me programmer un week end.

    1. C’est à Montréal! 😉 mais ça se glisse bien dans le programme d’un voyage si tu viens par ici!

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